Bibliographie

Textes sur la peinture de Fabrice Rebeyrolle

1985
« Une peinture de la force » Pierre Planche
« Géant » Denise Lockman

1986
« L’homme qui peint » Patrick Mery
« L’invitation à l’errance »  Philippe Anjubault​

1988
« Entrer dans la poésie » Luc Jacob Duvernet

1989
« La matière dans la couleur » Roland Gosselin

1990
« Penser n’est pas raisonner » Jean- Luc Chalumeau
« Sur les traces de Van- Gogh » François Beguin
« Matières premières » Pierre Souchaud

1991
« Vivant et vibrant » Patrick-Gilles Persin
« Verticalité à l’horizontal » M. Chelbi
«  Préhistoire et peintures contemporaines » Anne Leblanc

1992
« Ce qui se risque sur le papier » Gérard Barrière
« Parcours au musée » Patrick- Gilles Persin
« La peinture de Fabrice Rebeyrolle » Marc Hérissé
« Entre éthique et esthétique » P. Robin
« L’expérience de la matière » M. Dickmann

1993
« Rencontre » Bernard Bost
« Les forces telluriques de la peinture » Laurence Pythoud


1994
« Fabrice Rebeyrolle et la matière du monde » Bernard Teulon - Nouailles
« Quand les rêves de la matière traversent les signes » Christian Noorbergen
« Spontanée ou raisonnable » Lise Ott
«  Noblesse sauvage » Marc Hérissé

« Les forces telluriques de la peinture » Laurence Pythoud

1995

«  Quand la matière prends corps » Bernard Teulon - Nouailles

 

1996
« La matière avant toute chose » Daniel Villon
« De haute lutte » Lise Ott


1997
« Une présence intense » Marc Hérissé
« Entre transparence et opacité » Bernard Teulon-Nouailles

 

1998
« L’harmonie abstraite de Fabrice Rebeyrolle » P. Dedieu- Grasset

 

1999
« Cet obscur objet de la peinture » Claude Frontisi

 

2000
« Une peinture de corps » Jean-Louis Roux
« De corpore » Sylvain Pérard

« A fleur de peau » Claude Frontisi

« De Corpore » Henry Nesme

2002
« Ta peau d’homme » Sylvie Fabre G.
« La peinture dans la peau » Lionel Vallar

2003
« Dis moi son nom » Sylvie Fabre G.

2004
« Fabrice Rebeyrolle ou le double battement de l’image » Marie- Claire Bussat –Envoldsen
« Silva, silvae » Sylvie Fabre G.

« Gran- Corpas » Léon Diaz- Ronda


2005

« Elégie » Ménaché

« Mélancolie baroque » Ménaché

« Entre terre et ciel » Léon Diaz- Ronda

2006
« Postura » Ménaché

2009
« Cette matière que l’on dit brute » Claude Frontisi

« No Man’s Land » Antoine Fouco
« Dans la fleur le secret » Catherine Plassart
« La poésie de la peinture fait apparaitre les choses invisibles » Etienne Gentil
« D’étranges et tragiques fleurs » Pauline Godart

« Passages et passeurs » Claude Frontisi

2010

« Des blessures de ciels » Christian Noorbergen
« Un jour d’exercice sur la terre » Jean Gabriel Cosculluela
« Peintures en chair et en os » Marie- Agnès Charpin
« Fabrice Rebeyrolle , un peintre gardien du feu » Sylvie Fabre G.

2011

« Le saisissement et la fureur » Philippe André

« Quand la chair est vaine » Bernard Teulon-Nouailles
« Naissance de la peinture » Thierry –Hugues Lemaître
« Terre arable du songe » Catherine Plassart


2012  
« La Selva Oscura de Fabrice Rebeyrolle » Philippe André

« Fabrice Rebeyrolle ou le désir du beau » Jean-François Naudier
« Les corps d’âme de Fabrice Rebeyrolle » Dominique Roussel

« Encore » Jean Gabriel Cosculluela
« Défiguration » Isabel Da Silva

2013
« L’être, l’Art et la nature » Pierre Givodan

« Il y aurait encore à regarder » Sylvie Fabre G
« Chaque toile est une pierre » Frédéric Jeannin

« Dédale et Icare » Emmanuel Merle

2014

« Fabrice Rebeyrolle ou le désir du beau » Jean- François Naudier

2015

« J’aime fabriquer ma peinture » Geneviève Perrin

 

2016

« Fabrice Rebeyrolle en poésie » Bernard Teulon - Nouailles

2020

« Fabrice Rebeyrolle ou la craie démesurée » Isabelle Lévesque

« Immortelle » Isabelle Lévesque

« Les gouffres du temps ou les livres-objets dans la peinture de Fabrice Rebeyrolle » Isabelle Lévesque

 

2015

« J’aime fabriquer ma peinture » Geneviève Perrin

Peintre, graveur et éditeur né à Paris en 1955,

Fabrice Rebeyrolle conjugue la pratique des arts plastiques dans une quête poétique permanente.

Il réalise le plus souvent des toiles ou des œuvres sur papier de grand format mais aussi des gravures et des livres d’artiste avec de nombreux poètes.

Nourrie par ses recherches, sa peinture trace un territoire entre rigueur et chaos, entre l’histoire de la peinture et l’approche contemporaine.

Une corrélation se fait jour entre l’intériorité expressive et la volonté de construire la peinture.

Son travail se révèle très physique, tout en matière, à partir de pigments et bien d’autres ingrédients qu’il utilise en couches comme des strates géologiques. Le support devient alors une véritable plaque sensible, ce qui donne au tableau une lumière et une densité extraordinaire.

Après presque 20 ans d’abstraction radicale, de nombreuses thématiques ont surgi ; les corps, les paysages, la montagne, les arbres, les fleurs, les vanités, les ciels etc. La présence poétique de ses sujets est primordiale.

La peinture de Fabrice Rebeyrolle nécessite un engagement total. Elle est le résultat d’une mise en tension de la forme représentée et de son support dont la surface picturale conserve les traces à travers l’accumulation des strates.

Dans cette volonté de représentation, ce que l’artiste interroge, c’est la peinture elle- même.

2014

« Fabrice Rebeyrolle ou le désir du beau » Jean-François Naudier

 

Loin des bricolages actuels, Fabrice rebeyrolle a choisi la somptuosité.

Son œuvre est, osons le mot, belle.

Il n’est guère de beauté possible sans liberté et guère de liberté possible sans résistance.

Belle, la peinture de Fabrice Rebeyrolle résiste donc.

La référence à l’histoire de l’art n’est pas anecdotique puisque le peintre partage avec «  les anciens » ce désir aujourd’hui si transgressif du beau : voilà la résistance à l’œuvre.

Ainsi, selon les thématiques choisies, l’artiste travaille des œuvres abstraites ou figuratives en utilisant une technique aussi complexe que savante.

Fabrice rebeyrolle ose autant les somptueux gris que les couleurs luxuriantes, les transparences, le risque et la liberté du geste. Il ose surtout mêler la douceur et la violence, l’extrême élégance des motifs colorés, le raffinement.

Loin de toute mièvrerie, cette beauté là, comme toute beauté, est à la fois sauvage et magnifique. Elle peuple nos ténèbres et nous grandit.

2016

« Fabrice Rebeyrolle en poésie » B. Teulon-Nouailles

Pour Fabrice Rebeyrolle, la sensation précède l’acte de création. Pour lui, la peinture n’est pas un moyen de séduction mais un instrument de connaissance et d’exploration de la pensée.

Une peinture rappelle-t-il, est une forme de métaphore.

Il n’y a qu’à se plonger dans ses grandes toiles pour y voir vibrer d’incessants jeux de lumière  dont la couleur renferme le vivant. Il a fait de sa peinture la traduction de l’organique, d’un désir sans cesse renaissant.

Chez Fabrice Rebeyrolle, la fréquentation des poètes paraît couler de source tant elle est intimement associée sa pratique de la peinture au sens le plus ouvert de l’expression.

Les affinités qui se font jour entre langage plastique et écriture semblent pour lui un stimulant puissant. De la friction imprévisible des mots, jaillissent des étincelles dont l’artiste fait souvent ses délices.

2020

« Les gouffres du temps ou les livres-objets dans la peinture de Fabrice Rebeyrolle » Isabelle Lévesque

 

Fabrice Rebeyrolle aime les écrivains. En affirmant sa prédilection pour les poètes, il souligne une filiation que l’on pressent dès que l’on observe ses livres d’artiste. Que cherche-t-il enfoui? Chaque livre s’offre d’abord dans sa matérialité : on peut le poser droit comme un mur (il a toujours une fenêtre, une aspiration manifeste à signifier par l’échappée).

Dans son travail de peintre, très souvent, son énergie créatrice le porte vers de grands formats. En visitant son atelier, on est saisi par ces présences gigantesques. Il soulève les tableaux pour nous et c’est un tourbillon : nous nous sentons plus petits que ses œuvres. Ou plutôt nous éprouvons qu’elles nous dépassent – comme la Beauté.

Ainsi, par ses livres qui le contraignent à travailler sur des formats possibles à embrasser, nous offre-t-il une trace de sa quête: souvent le ciel, dans sa matérialité brute et onirique, ou la cendre épaisse de ce qui fut, ou l’arbre (fût-il « inversé »), ou les fleurs immortelles dont la duplication secrète produit toujours une autre essence. Fabrice Rebeyrolle ne répète pas : la variation, dans son principe de surprise, produit l’identique et l’altérité. Nous nous dirons : où trouve-t-il ?... La source, la force.

C’est que la passion le soulève et le porte à envisager des angles de vue qui diffèrent et permettent d’allier des mondes antinomiques a priori. Comment une fleur pourrait-elle avoir la consistance de la craie ? Comment le végétal et le minéral peuvent-ils fusionner ? La réponse n’est formulée que sur la toile ou dans le livre. D’ailleurs, le peintre renforce le papier. Pigments, vernis, colle, huile apporteront une tenue, une portée. De son écriture graphique, parfois, il choisit de manuscrire les poèmes. Alors le palimpseste devient constitutif de la trace comme si le temps avait été déjoué et quelque chose retrouvé. Archéologue, peut-être, le peintre.

Il aime l’effet de l’acide et de l’incision, ce qui mord et défait avant la réparation. Le graveur n’en démord pas, il n’a de cesse. Il recoud la trame invisible du sens dans une œuvre qui semble surgir des gouffres du temps.

Nous voici face à elle : la merveille, par mimétisme, invite à se pencher, écrire pour que s’accomplisse l’osmose entre la forme, la couleur et les mots.

2020

« Fabrice Rebeyrolle ou la craie démesurée » Isabelle Levesque

Changer une fois pour toutes : regarder depuis un autre point la falaise. L’eau pourra couler – le fleuve du passé lisse toujours le présent.

Le peintre le sait qui s’avance, son geste est sûr. De la craie naît un pays.

Vivant se penche pour regarder plus bas : le miroitement différé du temps, la Seine.

Alors quelque chose changé touche la toile : truelle, brosse, coup de dé, pinceau ! En bas tout tremble, la focale du jour disparaît. Fabrice Rebeyrolle connaît les poèmes, il voit le disparu s’avancer sans masque, pris dans la craie des Andelys.

Il choisit blanc, il se déplace et détache les particules fossiles. Il les rassemble, c’est son geste : ravauder le disparu, accrocher la silhouette effacée sur la toile – un silex sous le feu, par intermittences.

 

Ce qu’il donne au mort,

c’est un corps de craie

couvert du drap

de roche noire.

 

C'est un volcan éteint,

le cœur propice

d’une fertilité inconnue.

 

Fabrice Rebeyrolle rassemble dans le ciel vide les morceaux de ce qui manque : une aile, un flocon, un visage. Tout s'inscrit sur la falaise.

Il reste la craie démesurée, de la cendre.

 

Peintre passé là : il devine la traversée du fleuve, le signe du passeur pour quelques écus de craie.

Comment tenir droite cette falaise qui vacille en nous ?

Ce sont ses mesures de peintre sur le principe de métamorphose. Occupant l’espace de la feuille, il l’allège : le disparu, à sa place, devient  la durée. Il vit dans la verticalité du sépulcre.

 

J’admire le geste, l’énergie qui rencontre le manque pour l’établir dans un ici précis, blanc. Éternel.

 

Fabrice Rebeyrolle a peint Falaise(s) pour Je souffle, et rien.

Éditions L’herbe qui tremble, 2020.